© Gaîté Lyrique

Architecture, codage numérique et « Floss » performance

De la simplicité des systèmes complexes

Table ronde et performance d’écriture « en live » de code et de génération d’espaces avec un éditeur de code 3D dédié avec

– Milovann Yanatchkov – Architecte et enseignant-chercheur (Laboratoire MAP MAACC)
– Renato Saleri – Architecte et enseignant-chercheur (Laboratoire MAP ARIA ENSA de Lyon)
– Emmanuel Ferrand – Mathématicien et enseignant-chercheur (UPMC Paris-Sorbonne) sous réserve

Le 18 juin de 14h00 à 17h30

La complexité semble dominer notre époque. Un sentiment qui peut s’expliquer en partie par l’actualité des approches de type «systémique» qui caractérisent certaines formes de pensée contemporaine dans lesquelles les rapports qu’entretient l’individu avec son milieu sont présentés sous un jour bien plus instable et dynamique que la linéarité des anciens modèles épistémologiques. Mais à n’en pas douter, ce sentiment est également corrélé à l’évolution du système techno-scientifique de nos sociétés et notamment à l’irruption des technologies numériques dans leur fonctionnement pratique et symbolique.
Ces systèmes numériques font proliférer les connexions et les interactions entre les acteurs et décuplent leurs puissances de perception du monde et d’emprise sur la réalité, mais cet accroissement se fait au prix d’une opacité grandissante quant à leurs fonctionnements et tend à occulter la réalité de leurs fondements, au risque de perdre la main. Ce problème de la prolifération de la complexité est bien connu des architectes informatiques qui peuvent expérimenter l’effondrement irréversible de leurs systèmes quand la complexité les submerge. Une problématique qui connaît certains remèdes bien identifiés, au premier rang duquel nous trouvons la notion d’interface, qui grâce à son pouvoir d’abstraction, épargne le concepteur ou l’utilisateur de l’abîme de la complexité sous-jacente. Mais ce remède est à double tranchant, car il tend inexorablement à faire tomber dans l’oubli la connaissance des strates originelles. Le deuxième remède, souvent associé au premier, est la simplicité elle-même. Il s’agit alors de maintenir à tout prix la simplicité des éléments qui entrent en composition, de rester au plus près d’une forme d’évidence comme peut l’être celle du bois brut. Pour l’architecte il s’agit de s’interroger sur le basculement opératoire, symbolique et stylistique que produit l’avènement des systèmes numériques et de leur complexité dans les processus de création, en ayant peut être en ligne de mire une nouvelle approche dans la relation que nous entretenons avec le
numérique : celle de la simplicité.