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Faire c’est dire / Construire en bois sanglé

Ce projet est le fruit d’une collaboration entre les architectes et les ingénieurs du groupe Tectoniques et l’artiste-designer Olivier Vadrot.

Le projet s’articule autour de deux intentions concomitantes, faire et dire.

Il prend son origine dans une forme archaïque qui est celle des premiers gradins en bois de la jeune démocratie athénienne au VIe siècle avant notre ère. Ce type d’édifice ne porte pas encore alors le nom de théâtre mais celui d’échafaudage (Ikrion). Il est en général installé sur une pente herbeuse et constitué de planches clouées sur des pieux plantés en terre.

Souvent provisoire, quelquefois pérenne, nul ne sait dire aujourd’hui quel usage prévalait dans ces édifices. Il semble bien, au contraire, que plusieurs fonctions cohabitaient dès l’origine : l’assemblée politique des citoyens, le spectacle, les rites religieux et initiatiques.

Notre projet propose de rejouer les réflexions et expérimentations qui ont précédé l’apparition de cette structure d’échafaudage en bois, qui est tout à la fois l’origine et la synthèse de la forme donnée à l’assemblée d’un public dans notre civilisation.
Cette forme se retrouve aujourd’hui dans les espaces du spectacle moderne et contemporain, mais aussi dans ceux de la représentation politique, dans les édifices du sport, dans l’architecture des espaces publics, dans les écoles ou les universités…

Au-delà de la possibilité de redonner la parole et le pouvoir aux usagers et aux citoyens, il s’agit de reposer les questions fondamentales qui sont celles de la forme construite données à une assemblée publique dans une époque où la légitimité de la représentation démocratique est sans cesse questionnée.

Durant le temps de la Biennale, le process de construction deviendra un process de décision, la forme construite s’offrira en discussion de manière spontanée avec les visiteurs, les participants, les organisateurs, les partenaires, mais aussi des invités programmés par les initiateurs du projet.

Cette programmation verra la construction se faire et se défaire pour s’adapter aux formes d’échanges différentes que sont la discussion, la table ronde, le séminaire, la conférence, etc.

La projet prendra donc la forme d’une construction évolutive, rencontre d’un processus de mise en oeuvre et d’un public qui en est à la fois l’instigateur et l’utilisateur.

Le projet prendra donc la forme d’une construction malléable et changeante, un tas de bois vivant, rencontre d’un process et d’un public.

Nous proposons un mécano à partir de deux éléments de construction : des chevrons en bois massif et des sangles. Les bois sont assemblés en brelages.
Du point de vue pratique, le montage effectif des différents dispositifs est précédé d’un atelier maquette qui permet de tester les différents scénarios à l’échelle 1/5°.

Ce mécano est très simple, en basse technologie, économique, et ne nécessite aucun outil de montage ou de démontage.
Il permet un grande nombre de dispositifs qui seront en partie mis au service des usages de la plateforme « rencontres et conférences » de la biennale.

Ce mécano est non conventionnel au sens de l’art de construire puisque ce mode constructif n’est pas utilisé pour la production classique des bâtiments.

Il se déplace hors du cadre architectural usuel, et se place sur le terrain d’expérience de l’autoconstruction ou du cabaning. Elle s’inspire aussi du design partagé développé à partir des travaux d’Enzo Mari.

Il s’inscrit enfin dans le prolongement direct des activités respectives d’Olivier Vadrot en tant qu’artiste-designer, et des pratiques du groupe Tectoniques autour de la construction en filière sèche et de l’utilisation du bois comme principal matériau de construction.

Mandataire :

Tectoniques architectes et ingénieurs

Membres de l'équipe

  • Olivier Vadrot
  • Alain Vargas
  • Max Rolland

Partenaires du projet

  • Jean-Luc Sandoz

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